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Sandow ou catapulte ?

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Ecrit par Bernard Laplanche dans Planeurs le 26 novembre 2004

On est tous plus ou moins possesseurs d’un planeur qui sèche au grenier en attendant l’occasion de lui faire prendre l’air.

 

 

L’idée est de maintenir, au club et en état, un bout de caoutchouc pour permettre à tous de ressortir ces machines sans être obligé d’investir ou d’inventer une machine diabolique.

Pour être efficace dans le cadre du club, je retiendrai que cet équipement doit :

  • être disponible, c’est pour ça qu’il est rangé dans la cabane du terrain.
  • être facile à mettre en œuvre : pas trop lourd et pratique à sortir/ranger.
  • offrir des possibilités de réglage pour s’adapter à différentes utilisations.

D’abord quelques généralités pour se remettre les idées en place.

La recette de base : On commence par planter un piquet dans le sol, on y accroche un brin d’élastique puis une longueur de fil pour donner de la longueur et on finit par un parachute et un anneau dans lequel prend le crochet équipant le planeur.

Deux variantes sont alors possibles, en fonction des dimensions des éléments :

  • 15 à 50m de caoutchouc (dia 8 ou 10) plus 2 à 3 fois autant de fil pour un Sandow.
  • 5 à 20m de caoutchouc (dia 6 ou 8) et 0 à 1m de fil pour la Catapulte.

En pratique, les résultats sont différents :

  • Le sandow va accélérer mou/moyen et restituer l’énergie sur un temps plutôt long.
  • La catapulte va accélérer très fort et pas longtemps.

A vous de voir de quel camp vous voulez faire partie :

  • Avec le sandow, on est sensé monter plus haut. On peut espérer une prise d’altitude équivalente à la longueur du fil qui suit le caoutchouc. Le planeur ne sera jamais monté sur la totalité de la longueur du sandow. Le poids du caoutchouc est loin d’être négligeable et on peut vérifier facilement que le caoutchouc reste au sol et que c’est en fait le fil nylon qui accompagne la machine en altitude.

D’autre part sa mise en œuvre n’est pas si évidente que ça car l’équipage est long (très long) et qu’il faut étendre la partie élastique de 2 à 3 fois au lancer : soit 40m de caoutchouc associé à 80m de fil. Au total et au moment de tout larguer, le sandow mesurera : 160m ! Vous êtes déjà loin en dehors de la piste. De plus, il faut soigneusement choisir le point d’amarrage du piquet, loin en dehors du terrain et si le paramètre direction du vent change un peu, il faut tout recommencer.

  • Avec la catapulte, l’engin part à plat, il accélère et après on tire sur la profondeur pour monter façon Ariane. En définitive, ça peut aller aussi très haut ! Souvenez-vous, vos lances-pierre d’adolescent !

Plus courte, la catapulte n’a pas d’inconvénients à l’installation, par contre le planeur doit être adapté au jeu. Il va être soumis à une forte accélération et donc chercher à prendre de la vitesse.

Deux possibilités :

  • Il est fait pour ça, il va partir comme une fusée. Attention, l’ennemi dans ces circonstances, c’est le « flutter » : gouvernes avec jeu et mal équilibrées, explosion garantie ! Aux dernières nouvelles, il est même conseillé de fermer l’intervalle entre plan fixe et gouverne par un scotch qui évitera les turbulences.
  • Il n’est pas fait pour ça : Le profil est porteur et n’apprécie pas la vitesse. La portance va augmenter encore et encore jusqu’au moment ou c’est la clé d’aile qui va renoncer. Le planeur fait « Bravo » avec un retour au sol fort disgracieux et un pilote/constructeur qui fait la gueule.

    De toute façon, dans un camp ou dans l’autre c’est le planeur qui décidera, mais vous avez le droit de valider la solution retenue en faisant des essais avec des tensions de plus en plus fortes.

La seule position à éviter : celle du photographe !

Dans un premier temps, j’ai récupéré le sandow qui traînait au terrain et avec ce qui restait en état, j’ai remonté un sandow composé de 13m de caoutchouc mono-brin de 8mm de diamètre avec 35m de nylon de 2mm de diamètre. Ce caoutchouc avait très mal vieilli . Sans gaine nylon de protection et composé d’un brin unique, il s’abîme rapidement et se déchire à la moindre amorce.

Ce caoutchouc est vraiment peinard, il est puissant et supporte un allongement de 400%.

Je l’ai testé le 17 mars dernier (beau temps sans vent) avec le Condor (ModelTech) qui traînait sur une étagère.

Une aile basse en flèche de 1.60m d’envergure, 1Kg tout mouillé, il a le profil idéal.

Au vu de l’aile basse, le crochet est monté très en avant du centre de gravité (juste devant l’aile) et ça ne favorise pas les montées franches, il faut actionner la profondeur à cabrer pour le faire monter, sinon il part gentiment à l’horizontale.

J’y ai été progressivement jusqu’à atteindre régulièrement une altitude de 30/40m, juste de quoi faire deux ronds dans le ciel et se poser aux pieds. Le caoutchouc tire fort au départ mais rapidement son poids se fait sentir et en plus le parachute s’ouvre et freine l’ensemble.

Vu la faible longueur du sandow, je l’ai fermé (le parachute) de plus en plus au fur et à mesure des essais, jusqu’au moment où il l’a été complètement.

J’ai été très contents de ces quelques vols si courts soient-ils. Ils m’ont permis de voir revivre ce Condor qui attendait les sorties sur les pentes qui ne venaient pas souvent.

L’étape suivante à consister à investir un peu chez « TurbiGom » pour faire un nouvel engin. J’ai choisi une longueur de 30m de caoutchouc et 70m de fil pour rester à peu près dans les limites du terrain et en espérant des performances supérieures. Achat de 30m de caoutchouc multibrins dia 6, il m’en livre 35m. Le fil de nylon d’origine a été remplacé par 75m de fil pour cerf-volant, peut-être un peu plus souple (élongation) mais nettement plus léger.

Le caoutchouc multibrins est plus nerveux, il ne s’allonge qu’à 250% et a l’avantage de ne pas casser d’un seul coup. Pour le fil, ça a été facile, il suffit d’assurer une résistance de l’ordre de 100Kg, ce qui est tout à fait courant dans le domaine du cerf-volant. J’ai récupéré une paire de lignes calibre moyen nylon renforcé kevlar.

L’équipage est maintenu au sol par un tire-bouchon pour laisse de chien et tous les éléments sont rendus amovibles par utilisation de manille ou d’émerillon démontable.

Tout est monté démontable de façon à pouvoir changer de caoutchouc et/ou de fil.

Il est fixé au sol par le tire-bouchon, c’est super pratique, pas besoin de se promener avec une masse de mécanicien pour percer la terre desséchée par un long été caniculaire !

L’ancien sandow était monté sur une bobine sans manivelle, bonjour la sinécure pour tout ramener. Je l’ai remplacé par un enrouleur de rallonge électrique en promotion à « 10 balles ».

 

Ce nouvel équipement terminé, il a été testé avec le même planeur . Les résultats sont meilleurs, mais évidemment vu le profil de la machine, rien d’extraordinaire coté performances.

J’attends un 2 axes motorisé de 2m qui doit me revenir de Bordeaux. Sûr, il aura droit à son crochet pour voir comment il réagit au sandow.

Je vous laisse le soin d’essayer avec des machines différentes. La seule condition est de l’équiper d’un crochet.

Pour les plus fanas, vous pouvez essayer de changer le caoutchouc ou le fil pour mieux l’adapter à votre planeur.

J’attends vos remarques et commentaires et pour être constructif, on devrait pouvoir monter plusieurs lignes répondant à des profils machine différents.

Un peu plus tard cette année, après avoir monté un racer électrique, j’ai eu l’occasion d’essayer la catapulte. L’objectif est un peu différent, il s’agit uniquement d’assister le décollage. Aussi je l’ai monté avec :

  • 8m de caoutchouc multibrins de 5mm.
  • 2m de fil cerf-volant ;

Catapulte plus avion Racer = cardiaque s’abstenir !

L’erreur consiste à simultanément lâcher l’engin et mettre les gaz plein pot. Le couple tire l’avion à gauche et comme le caoutchouc accélère en même temps, c’est un superbe poireau qui m’a réveillé. On apprend donc à procéder en deux temps : Lâcher de l’avion, puis détente de la catapulte et mise des gaz TRES progressive.

En conclusion et pour vous décider, il faut remarquer que le lancer au sandow est vraiment très doux pour tout le monde : le planeur ET le pilote.

On pratique par essais successifs avec une tension de plus en plus forte. En finale le caoutchouc tendu à fond, on a pris l’habitude de bien se mettre en face du vent, la machine a été réglée/trimée pendant les premiers vols et le lancé est droit comme un I, comme sur un rail ! Et tout ça tout SEUL. D’une main l’émetteur et de l’autre le planeur !

Même avec le racer, le lancer à la catapulte seul est possible. Evidemment, il doit être trimé et la main qui tient l’émetteur doit être celle coté commande des ailerons pour pouvoir contrer une embardée plus ou moins attendue. De toute façon, dans ce genre de sport, il faut être concentré et prêt à réagir au quart de seconde.

La seule appréhension qui reste consiste à imaginer ce qui se passe quand le sandow « casse » à tension maxi . En fait, encore une fois les violents seront déçus car c’est le fil qui fait fusible et absorbe l’énergie du caoutchouc. Tout retombe par terre sur place et seule reste la frustration d’être obligé de bricoler un peu (quelques nœuds) avant de pouvoir revoler.

Bons vols et ne cassez rien.

B.LAPLANCHE

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