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Une journée pas comme les autres - le TCD Ouragan

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Ecrit par Alain Lefebvre dans Pêche & divers le 07 septembre 2005

Comment je retrouve mes souvenirs d’il y a 30 ans sur le TCD Ouragan, avec enregistrement de nouveaux détails pour finir ma maquette

Jeudi 29 juin 7h30 « petit déjeuner de l’équipage » !!!

 

TCD Ouragan

Huit ans après avoir participé à la dernière journée en mer du « CLEMENCEAU », me voilà de nouveau sur un bâtiment de la marine nationale : l’OURAGAN, à Toulon, pour la commémoration des 40 ans de service du TCD. Ce bâtiment sera certainement retiré du service actif début 2006 (pour être peut être revendu à un autre pays).

C’est le commandant en personne M. olivier PONS qui m’a invité à son bord pour deux jours après lui en avoir fait la demande 4 mois auparavant (dans le but de faire des photos de détails pour mon modèle commencé il y a plus de 15 ans !!!).

Après une première nuit passée à bord, dans la chambre que j’ai partagé avec l’officier qui m’a accueilli, j’assiste à la préparation de cette journée en mer que je vais passer avec quelques anciens commandant de l’Ouragan ainsi que les familles de l’équipage.

Au programme, démonstration amphibie le matin, grand déjeuner dans le radier, démonstration hélico, puis retour à Toulon, cérémonie des 40 ans, et le soir cocktail dînatoire avec danses Tahitiennes.

9 H 00 « le commandant est à bord », « l’amiral est à bord », les coups de sifflet caractéristiques, puis « poste de manœuvre général ». Nous quittons le port, tiré par des remorqueurs, passons devant Saint-Mandrier, puis le grand large. Pendant tout ce temps, je continue de « mitrailler » les différents détails que je n’ai pas pu prendre la veille. Le tout au son des cornemuses et binious, venus spécialement du Bagdad de Lann Bihoué, le bateau ayant été construit à Brest en 1963 et admis au service actif le 01 juin 1965.

Vers 10 H 30, nous apercevons dans l’écume, (la mer est bien formée), les deux péniches de débarquements qui se rapprochent. La porte du radier s’ouvre, la première péniche s’approche, guidée par deux hommes qui se tiennent de chaque côté à l’avant de la péniche.

Sa porte s’ouvre à son tour, des amarres sont lancées pour maintenir la péniche accrochée à l’Ouragan, puis un VAB et une auto mitrailleuse de reconnaissance descendent dans le radier. Cette opération s’appelle un « porte à porte » et permet un embarquement et débarquement de matériel en pleine mer. Après l’arrivée de la deuxième péniche, nous sommes invités à monter à bord pour une promenade autour de l’Ouragan. Ouh ! Ça bouge, il faut avoir le pied marin pour rester debout. J’imagine, un instant les commandos avec leur bardat sur le dos dans ce genre de situation avant de s’élancer sur une plage.....

 

Après ce petit baptême que j’ai particulièrement apprécié, nous retournons à bord, en se mouillant un peu les pieds dans le radier,

Puis c’est l’exercice d’enradiage, qui consiste à pomper de l’eau (balastage) de manière à faire enfoncer l’arrière du bateau sous environ 2 à 3 mètres d’eau, porte du radier ouverte bien sûr et qui prend environ 30 à 45 minutes. La première péniche se présente et dans le bruit des diesels (comme il y a les ponts mobiles hélico au-dessus cela résonne bien) la péniche est amarrée solidement sur un côté du radier de manière à ce que l’autre péniche vienne à son tour. Il y a tout juste de la place pour deux péniches de front, et après quelques heurts ça passe. Pour finir cet exercice les deux péniches quittent l’Ouragan en marche arrière et en même temps. Impressionnant !!!!! La porte se referme et l’opération de débalastage commence.

Je suis interviewé par des journalistes de « La Marseillaise » et « Var Matin ». Ceux-ci m’interrogent sur ma présence à bord et j’en profite pour leur parler longuement du MCCR, je suis même pris en photo. Seulement un petit paragraphe sur un des deux journaux relatera ma présence à bord.

12 H 00 - l’heure du déjeuner est annoncée. Des tables sont dressées à l’avant du radier sur un pont intermédiaire. Deux services sont assurés.

14 H 00 - c’est le tour des démonstrations Hélico avec un super frelon. L’Ouragan se présente face au vent pour un exercice de sauvetage en mer, approche rapide puis appontage. Quelques privilégiés montent à bord. Décollage, survol de l’Ouragan à basse vitesse et après avoir redéposé les personnes, l’hélico nous quitte.

15 H 30, c’est déjà le retour vers Toulon. Dans un magnifique virage qui met l’Ouragan au travers des vagues (super, ça bouge bien) nous regagnons la rade. Pendant le retour, j’ai droit à une visite privilégiée avec l’officier. Local barre, passerelle avia et navigation, mais je n’ai pas eu droit à la salle des machines ni au local pompes.

16 H 30 - arrivée à quai.

17 H 30 - la porte du radier est ouverte et le préfet maritime arrive en vedette et monte à bord par cette porte pour la commémoration, avec remises de médailles.

Puis la soirée, vers 21 H 00, punch, canapés et petits fours, champagne. L’ouragan ayant beaucoup servi au CEP à MURUROA pendant les essais nucléaires de 1965 à 1974, la soirée est animée par un groupe Tahitien.

24 H 30 - fatigué, je quitte les personnes avec qui j’ai revécu les soirées de « marins », et retourne dans ma carré, coursive officiers, pour une dernière nuit à bord.

C’est avec regret que je quitte l’Ouragan le lendemain à 9H 00, après le lever des couleurs.

Grâce au Commandant PONS et à l’EV MOMEUX que je remercie encore beaucoup, j’ai passé des moments formidables qui m’ont fait revivre des souvenirs de 30 ans. J’ai ramené aussi une centaine de photos, ainsi que des petits bouts de films. Munis de tous ces détails, le plus difficile est de trouver maintenant le temps nécessaire afin de terminer, et de fignoler mon modèle.

Description du TCD OURAGAN -9021-

L’OURAGAN avec son sister ship l’ORAGE, est avant tout un transport amphibie. Mais il peut être aussi un bâtiment de commandement (avec un petit état major inter-armes), un porte -hélicoptères ou un transport de matériels divers.

Bâtiments inspirés des LSD Américains de la seconde guerre mondiale, la longueur est de 149 m, sa largeur de 21 m, et le tirant d’eau d’environ 5 m. Le radier de 120 m de long occupe 80 % de la longueur du bâtiment.

Il est propulsé par deux moteurs diesels SEMT Pielstick d’une puissance unitaire de 4 300 ch, qui entraînent deux hélices à 3 pales pesant chacune 5,5 tonnes.

Le courant électrique du bord est assuré par 4 diesels alternateurs de 640 kW. L’appareil à gouverner hydro-électrique commande deux safrans (en secours 3 pompes à piston sont entraînées par des pédaliers de vélo, installés dans le local barres)

Ce bâtiment peut franchir une distance de 15 000 milles à 12 nœuds.

La capacité actuelle d’enradiage est de 4 CTM ou 1 CDIC.

L’armement se compose actuellement de 2 affûts Simbad (missile mistral) de 2 canons de 40 mm et de 4 mitrailleuses de 12,7 mm.

L’effectif est de 203 hommes mais peu être porté à 360 hommes pour une traversée longe durée.

Un mini hôpital, avec un bloc opératoire permet de traiter une dizaine de blessés.

Il est équipé de 2 grues ayant une charge de 35 tonnes et une portée de 12 m.

En plus de son pont d’envol avant, on peut y rajouter cinq ponts mobiles sur le radier ce qui lui permet d’accueillir en tout, 4 hélicoptères lourds type super frelon ou 13 légers type Gazelle.

Ces TCD seront remplacés bientôt par les BPC dont le premier, le « Mistral » est en essai actuellement

Jean-Michel Gérard

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