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Construction du PALO de AGUA

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Ecrit par Sylvain Lacour dans Voile le 20 septembre 2010

C’est le moment de "Fabriquer le Moteur". N’oublions pas que la vitesse du bateau dépendra pour une bonne partie du fonctionnement notre "Moteur", c’est-à-dire, des voiles. Sur les plans, nous avons défini une découpe pour les voiles, mais la forme qu’elles auront en navigation dépendra de la précision avec laquelle elles auront été enverguées, des tensions que nous appliquerons aux différents calages ("mise au point"), de comment nous les auront rangées, etc., etc. (Évidemment, certains de ces "etc.." signifient "je ne sais pas !").

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LE MATÉRIEL : Dans le "PALO de AGUA", les voiles que nous voyons ont été faites avec du film de polyester, connu sous le nom de "Mylar". Ses caractéristiques en font un matériel bien approprié à la confection de voiles, puisqu’il a une résistance mécanique remarquable, qu’il n’est pas affecté par l’eau ni les intempéries, et qu’il ne se déforme pratiquement pas, c’est-à-dire, qu’il a une élasticité très basse. Il est en outre de TRÈS FAIBLE COÛT ! Cent cinquante grammes de Mylar de 36 microns d’épaisseur n’ont coûté que DEUX Dollars à l’auteur. Et ces 150 gr sont une pièce de 10 (Dix) mètres sur 1 mètre ! Cela suffit pour faire quelque 30 jeux de voiles : -) Les fabricants de transformateurs l’utilisent comme isolation dans leurs bobinages. C’est pourquoi, pour en acheter, il faut chercher dans les maisons qui vendent des matériels pour la branche des bobinages. Le seul inconvénient, et ceci est un peu subjectif, est qu’il soit transparent. Est-ce clair ?

L’alternative consiste à utiliser de la toile de voiles. Aller dans une voilerie, et voir s’ils vendent (ou donnent !) un morceau de toile dacron, ou un chiffon de mylar, de 0.5 ou 0.75 once. Ce matériel se trouve en différentes couleurs, donc avec un peu de chance on peut choisir !

Si la voilerie n’avait pas de Dacron, acceptez du Nylon Ripstop, qui est utilisé pour confectionner les Spinnakers. Demandez du 3/4 d’once, s’ils n’en ont pas, utilisez du 1 once. C’est un peu plus lourd, et un peu plus élastique, mais cela convient. L’avis final ne peut pas être catégorique, parce que tout dépend de la coupe de la courbe, de la couture et de la mise à point.

NDTR : le tissu Nylon Ripstop est vendu dans certains commerces de Cerfs-Volants. On y trouve aussi des tubes et baguettes en fibre de carbone. La boutique Vire-Vole rue Raymond Losserand à Paris, vend tout cela et j’y ai reçu un accueil sympathique.

En fait, trop de facteurs influent pour pouvoir garantir que les voiles vont être bonnes ou mauvaises. Cela se produit aussi avec le Mylar, mais pour le cas du "PALO de AGUA" l’auteur a trouvé le point auquel tout paraît bien fonctionner, et c’est celui-là qu’il essaye d’expliquer ici. Bien que finalement l’expérience personnelle soit celle qui compte !

NOUS COMMENÇONS PAR LE FOC

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Placer le plan correspondant sur un panneau PLAT, et le fixer avec du ruban adhésif pour qu’il ne puisse pas se déplacer. Placer dessus un morceau de Mylar, coupé un peu trop grand, pour décalquer la forme donnée dans le plan. Fixer aussi le morceau de Mylar, légèrement étiré, avec du ruban adhésif. Et tracer les contours en utilisant un feutre marqueur (Plumón), à encre indélébile.

Remarquez que sur les plans la chute (bord postérieur de la Voile) ne figure pas, parce qu’il n’y avait pas assez de place sur le papier ! Mais ils donnent les dimensions, tant de la largeur de la têtière que de la longueur de la bordure. Avec ces mesures nous pouvons tracer la ligne droite de la chute, qui unit la têtière à la bordure.

Une fois la découpe tracée, retirer le Mylar de sur le plan, et couper de manière précise avec une lame de scalpel ("Cutter") Utiliser une lame avec bord neuf ! Le Mylar EST DUR à couper. Tout sera mieux si nous utilisons un guide pour faire la coupe, par exemple une règle flexible.

Les Points

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Les Points sont renforcés avec un feuillet auto-adhésif ("Contact") Le long des bords qui forment chaque point, on colle, sur les deux faces de la voile, 2 morceaux de 15 mm x 50 mm de feuillet. Ils peuvent être un peu inclinés, afin d’avoir une largeur de 15 mm au point et de se réduire à une largeur de 5-7 mm dans l’extrémité éloignée du point.

Résumé : quatre bandes forment un "V" sur chaque face, avec une épaisseur double dans l’extrémité du point, et une épaisseur simple et de plus petite largeur le long des côtés de la voile dans la partie éloignée du point. Il y a 4 épaisseurs de renfort au point lui-même, 2 épaisseurs de renfort en s’éloignant de lui.

Les pattes et les rabans

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Ils nous servent à lier les voiles à leur étai. Il y a diverses méthodes pour effectuer ceci, mais celle préférée par l’auteur est celle qui est montrée ici : un raban sortant du guindant de la voile.

Le raban est fait de fil de polyester (ou polyester - coton), dont on utilise, initialement, un morceau d’approximativement 12 cm de longueur. Il est appuyé sur la voile, et collé avec un morceau de ruban "Scotch".

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Bien sûr c’est facile à dire ! Mais, pour assurer le meilleur collage, le petit morceau de ruban, d’environ 10-12 mm de longueur NE DOIT PAS ÊTRE TOUCHÉ AVEC les MAINS.

C’est pourquoi il s’avère nécessaire de le manipuler avec l’extrémité d’une lame : on lève la pointe du ruban de son rouleau, on glisse la lame au-dessous. En maintenant de la pression sur la lame il est possible de dérouler un peu de ruban, et de couper (utiliser des ciseaux !) le morceau voulu.

 

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Nous tenons maintenant, dans la position correcte, en pressant avec 2 doigts, le fil qui fera notre raban, et nous plaçons le morceau de ruban scotch. Avec certains des doigts qui ne sont pas occupés (quelle chance que nos mains aient des doigts de rechange !) nous appuyons un peu sur le ruban scotch, et notre objectif est atteint. Évidemment nous avons pris plusieurs précautions : le ruban scotch ne dépasse pas du bord de la voile, nous avons bien appuyé pour uniformiser l’adhésion, nous coupons le surplus du fil, celui qui dépasse du ruban adhésif vers le centre de la voile.

Nous installerons ainsi 9 rabans sur le guindant du foc, à raison d’un tous les 8 cm.

 

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Il ne nous reste plus qu’à placer un œillet dans chaque point. Utilisez des œillets ("Ojetillos", "Ojalillos") de 4 mm de diamètre interne. BRONZE ou LAITON. N’utilisez pas du fer ou du fer nickelé, ni du fer bronzé, parce qu’ils souilleraient très probablement la voile ! Pour vérifier que les œillets que vous achetez ne sont pas en fer, emportez un aimant quand vous irez les acheter. Si l’aimant les attire, alors ils NE nous SERVENT PAS !

Centré au sommet de la voile, aussi près du bord que le permet le diamètre maximal de l’œillet, percer, avec poinçon, le trou pour l’œillet. Ou aller voir le cordonnier du quartier, pour qu’il fasse le trou, et qu’il place l’œillet. Et ne pas oublier : un œillet dans chaque point, tant sur le foc que sur la grand voile.

La Grand Voile est confectionnée de la même manière que le foc. Marquer les contours (la chute va tout droit entre les extrémités postérieures des lignes de mesure données sur les plans), couper, placer des rabans sur le guindant (tous les 10 cm, dans ce cas), placer les points, installer les œillets).

Tout ce qui reste à faire, c’est coller les lattes. Celle qui va en haut a toute la largeur de la voile. Les 2 inférieures couvrent 25% de la largeur, depuis la chute. Les lattes ("Battens") sont faites de PVC transparent, de 0.4mm de d’épaisseur et de 6 mm de large, de celui qui sert généralement comme couverture dans les reliures à spirale. Elles sont collées avec une goutte de CA (Attention aux doigts !), elles sont ensuite couvertes avec du Ruban Scotch "Magique".

 

 

 

 

 

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